Assurance propriétaire non occupant (PNO)

Sarah Bellemare
Experte Assurance Habitation
Publié le 24 août 2026
7 min de lecture

Vous êtes propriétaire d’un logement dans lequel vous ne résidez pas vous-même ? Que votre bien soit mis en location, vacant entre deux locataires ou utilisé comme résidence secondaire, l’assurance propriétaire non occupant (PNO) est conçue pour vous protéger. Elle couvre les sinistres survenant sur votre bien, même en votre absence, et prend le relais lorsque l’assurance de votre locataire est insuffisante ou inexistante.

Sont concernés : les propriétaires bailleurs, les copropriétaires non occupants, les propriétaires de logements vacants et les détenteurs d’une résidence secondaire. En copropriété, la souscription d’une garantie responsabilité civile est une obligation légale depuis la loi ALUR de 2014. Dans tous les autres cas, elle reste fortement recommandée pour protéger votre patrimoine.

PNO, assurance habitation classique, assurance du locataire : quelles différences ?

Ces trois contrats répondent à des besoins distincts. Il est important de bien les distinguer pour éviter les lacunes de couverture.

La PNO face à la MRH classique

L’assurance multirisque habitation (MRH) est conçue pour l’occupant d’un logement. Elle protège ses effets personnels, son mobilier et sa responsabilité civile en tant qu’occupant. Elle n’est pas adaptée à un propriétaire qui n’habite pas dans le bien assuré.

La PNO, elle, couvre le bâti lui-même et la responsabilité civile du propriétaire en tant que tel, indépendamment de toute occupation. Elle n’inclut pas le mobilier personnel du propriétaire, sauf dans le cas d’un logement meublé mis en location, où le mobilier laissé sur place peut être pris en charge selon la formule souscrite.

La PNO face à l’assurance habitation du locataire

Le locataire est tenu par la loi de souscrire une assurance couvrant sa responsabilité locative. Mais cette obligation ne protège pas le propriétaire contre toutes les situations : si le contrat du locataire est résilié, si ses garanties sont insuffisantes ou si le logement est vacant, c’est le propriétaire qui se retrouve exposé sans recours.

La PNO intervient précisément dans ces situations. Elle constitue le filet de sécurité du propriétaire, quelle que soit la situation du logement.

Une complémentarité, pas une redondance

La PNO et l’assurance habitation du locataire coexistent. Elles ne se substituent pas l’une à l’autre, mais se complètent. La PNO couvre la responsabilité civile du propriétaire et les dommages au bâti, tandis que l’assurance du locataire couvre sa propre responsabilité et ses biens personnels.

L’assurance PNO est-elle obligatoire ?

En copropriété : une obligation légale depuis la loi ALUR

Depuis la loi ALUR de 2014, qui a modifié l’article 9-1 de la loi du 10 juillet 1965 sur la copropriété, tout copropriétaire non occupant est tenu de souscrire a minima une garantie responsabilité civile. Cette obligation s’applique dès lors que vous êtes propriétaire d’un lot dans un immeuble en copropriété sans y résider.

En l’absence d’assurance, vous êtes personnellement exposé si un sinistre survenant dans votre lot cause des dommages à un voisin ou aux parties communes : dégât des eaux, incendie, effondrement d’un élément du logement. La mise en cause directe du propriétaire peut alors entraîner des conséquences financières importantes.

Hors copropriété : fortement recommandée, non imposée

Pour une maison individuelle ou un bien détenu en pleine propriété hors copropriété, aucune obligation légale ne s’applique. Mais l’absence d’assurance expose le propriétaire à des risques réels.

En cas d’incendie, de dégât des eaux ou de vandalisme sur un logement vacant ou dont le locataire est sous-assuré, le propriétaire supporte seul les conséquences financières, sans possibilité de recours. Souscrire une PNO dans tous les cas reste la décision la plus prudente pour protéger son patrimoine immobilier.

Dans quels cas souscrire une assurance PNO ?

Logement mis en location, meublé ou non meublé

Le propriétaire bailleur est le premier concerné par la PNO. Même lorsqu’un locataire est en place et correctement assuré, des situations de défaillance peuvent survenir : résiliation du contrat, garanties insuffisantes, litige en cours. La PNO couvre également les périodes entre deux locations, pendant lesquelles le logement est vacant et donc sans aucune protection locataire.

Dans le cas d’une location meublée, le propriétaire laisse du mobilier dans le logement. Selon la formule choisie, ce mobilier peut être couvert par la PNO, ce qui n’est pas le cas dans une assurance MRH classique.

Logement vacant

Un logement peut rester inoccupé pour de nombreuses raisons : travaux en cours, attente d’un nouveau locataire, mise en vente. Durant cette période, le bien est exposé sans aucune couverture si aucune assurance n’est souscrite.

La PNO couvre les sinistres même en l’absence totale d’occupant. C’est l’une de ses utilisations les plus importantes, souvent méconnue des propriétaires qui pensent à tort que l’assurance n’est utile que lorsque le logement est habité.

Résidence secondaire ou bien non loué

Un bien occupé ponctuellement, prêté à titre gratuit ou utilisé comme résidence secondaire ne correspond pas aux critères d’une MRH classique, qui suppose une occupation principale et régulière. La PNO offre une couverture adaptée à ces configurations d’occupation irrégulière, sans contrainte liée à la durée ou à la fréquence de présence dans le logement.

Quel est le prix d’une assurance PNO et comment est-il calculé ?

Les facteurs qui influencent la cotisation

Le montant de la cotisation PNO varie selon plusieurs critères :

  • La surface du bien et le nombre de pièces
  • La localisation du logement
  • La valeur de reconstruction estimée du bien
  • Le type de bien : appartement en copropriété ou maison individuelle
  • Les garanties sélectionnées et les options souscrites

La déductibilité fiscale des primes PNO

La prime d’assurance PNO présente un avantage fiscal non négligeable pour les propriétaires bailleurs soumis au régime réel d’imposition. Elle est déductible des revenus fonciers, ce qui réduit directement la base imposable.

En revanche, au régime micro-foncier, aucune déduction séparée n’est possible : un abattement forfaitaire de 30 % est appliqué globalement sur les revenus locatifs, sans distinction des charges réelles.

À retenir : pour un propriétaire bailleur au régime réel, la prime PNO est une charge déductible. Son coût net réel est donc inférieur au montant de la cotisation brute. Nous vous recommandons de vous rapprocher d’un conseiller fiscal ou d’un expert-comptable pour optimiser votre situation personnelle.

La protection juridique, un atout complémentaire pour le propriétaire bailleur

Être propriétaire bailleur, c’est aussi s’exposer à des litiges : désaccords avec un locataire, conflits de voisinage, contentieux liés à des travaux, différends avec un syndic de copropriété. Ces situations peuvent rapidement engendrer des frais juridiques importants.

La protection juridique VYV Conseil est conçue pour accompagner l’assuré dès le premier euro, dès le premier jour, sans franchise ni délai de carence. Elle offre un plafond de prise en charge de 30 000 euros pour les litiges en France, et donne accès à des juristes par téléphone ou chat, six jours sur sept.

Les domaines couverts sont directement pertinents pour un propriétaire non occupant :

  • Litiges de voisinage
  • Conflits liés à des travaux
  • Contentieux liés à l’achat ou à la vente d’un bien
  • Litiges administratifs
  • Désaccords avec un syndic de copropriété

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Vos questions sur l’assurance propriétaire non occupant

L’assurance propriétaire non occupant, aussi appelée PNO, est un contrat souscrit par un propriétaire qui n’habite pas lui-même dans le logement qu’il possède. Elle couvre les dommages survenant sur le bien, qu’il soit loué, vacant ou occupé ponctuellement, et protège la responsabilité civile du propriétaire en cas de sinistre causé à un tiers. Elle intervient également lorsque l’assurance du locataire est inexistante ou insuffisante pour couvrir les dommages constatés.

La réponse dépend de la situation du bien. En copropriété, la souscription d’une garantie responsabilité civile est obligatoire pour tout copropriétaire non occupant, conformément à la loi ALUR de 2014. En dehors de la copropriété, pour une maison individuelle par exemple, aucune obligation légale ne s’impose. Toutefois, l’absence d’assurance expose le propriétaire à des risques financiers significatifs en cas de sinistre. La PNO est donc fortement recommandée dans tous les cas de figure.

C’est le propriétaire qui souscrit et règle la cotisation PNO. Il ne peut pas la répercuter sur son locataire. Sur le plan fiscal, les primes versées sont déductibles des revenus fonciers pour les propriétaires soumis au régime réel d’imposition : elles viennent réduire la base imposable et donc l’impôt dû. Ce mécanisme ne s’applique pas au régime micro-foncier, qui prévoit un abattement forfaitaire global. Pour toute question sur votre situation fiscale personnelle, nous vous recommandons de consulter un conseiller fiscal ou un expert-comptable.

Oui, c’est même l’un des cas d’usage principaux de l’assurance PNO. Un logement vacant, qu’il soit en attente d’un nouveau locataire, en cours de travaux ou mis en vente, reste exposé aux risques d’incendie, de dégât des eaux ou de vandalisme. Sans assurance, le propriétaire supporte seul les conséquences financières. La PNO couvre ces sinistres même en l’absence totale d’occupant, ce qui en fait une protection indispensable pendant les périodes de vacance locative.