Assurance habitation et vandalisme : êtes-vous bien couvert ?

Sarah Bellemare
Experte Assurance Habitation
Publié le 24 août 2026
8 min de lecture

Retrouver sa porte d’entrée fracturée, ses vitres brisées ou ses murs recouverts de tags est une expérience brutale. Le vandalisme est un sinistre soudain, souvent traumatisant, qui peut laisser le sentiment d’une grande vulnérabilité. La bonne nouvelle : votre assurance habitation peut prendre en charge ces dommages. Mais cette couverture n’est pas automatique. Elle dépend des garanties souscrites dans votre contrat multirisques habitation (MRH) et des conditions précises qui y sont attachées.

Cette page vous explique ce que couvre concrètement la garantie vandalisme, ce qui en est exclu, comment la situation diffère selon que vous êtes locataire ou propriétaire, et quelles démarches suivre pour être indemnisé dans les meilleures conditions.

Qu’est-ce que le vandalisme au sens de l’assurance ?

Au sens juridique et assurantiel, le vandalisme désigne un acte intentionnel de dégradation d’un bien appartenant à autrui, commis par un tiers. Il s’agit donc d’une destruction volontaire, ce qui le distingue de plusieurs autres types de sinistres.

Il ne faut pas confondre le vandalisme avec :

  • le vol, qui implique la soustraction d’un bien (le vandalisme, lui, ne suppose pas d’appropriation)
  • les dommages accidentels, qui sont involontaires
  • les catastrophes naturelles, qui relèvent d’un régime d’indemnisation spécifique

Dans la pratique, les actes de vandalisme les plus fréquents couverts par les assureurs sont : les tags et graffitis sur une façade ou des murs intérieurs, les vitres fracassées, une serrure ou une porte d’entrée détériorée, une boîte aux lettres saccagée ou un interphone arraché. Ce sont des dommages visibles, souvent coûteux à réparer, et qui nécessitent une réponse rapide.

Le vandalisme est-il couvert par votre assurance habitation ?

Dans quelle garantie le vandalisme est-il inclus ?

Dans un contrat MRH, le vandalisme est généralement rattaché à la garantie vol et tentative de vol. Certains contrats prévoient une garantie spécifique dédiée aux actes de vandalisme. Dans tous les cas, cette couverture n’est pas systématique : elle peut être incluse d’office dans votre formule ou proposée en option selon le niveau de garanties choisi.

Chez VYV Conseil, par exemple, la garantie vol et vandalisme consécutif est disponible en option dans l’offre Étudiant, tandis qu’elle est incluse d’office dans l’offre Standard. Cet exemple illustre bien pourquoi il est indispensable de vérifier attentivement les conditions de son contrat avant tout sinistre.

Ce que couvre concrètement la garantie vandalisme

Lorsque la garantie vandalisme est active, elle prend généralement en charge les dommages suivants consécutifs à un vol ou à une tentative de vol (sous réserve des conditions du contrat) :

  • les dégradations sur les murs, portes et fenêtres
  • les serrures forcées ou détériorées (VYV Conseil inclut également une heure de main-d’oeuvremain-d’œuvre de serrurerie d’urgence dans ses deux offres)
  • les vitres cassées, couvertes par la garantie bris de glace
  • les tags et graffitis sur les surfaces intérieures ou extérieures
  • le mobilier intérieur dégradé, dans la limite des plafonds prévus au contrat

Ce qui est souvent exclu

Certains dommages sont fréquemment exclus ou soumis à des conditions particulières :

  • les biens situés en extérieur (jardin, portail, mobilier de jardin) selon les contrats
  • les dommages sans trace d’effraction, selon les clauses contractuelles
  • les biens dont la valeur dépasse les plafonds d’indemnisation prévus
  • la part correspondant à la franchise et à la vétusté appliquée aux biens anciens

Tableau récapitulatif des dommages

DommagePrise en charge
Vitres briséesGénéralement couvert (garantie bris de glace)
Serrure forcéeCouvert si garantie vol souscrite
Tags sur façade ou murs intérieursSelon contrat
Mobilier intérieur dégradéDans la limite des plafonds
Portail, clôture, jardinVariable selon contrat
Mobilier de jardinSouvent exclu
Dommages sans trace d’effractionDépend des clauses

À vérifier dans votre contrat : la présence de la garantie vol et vandalisme (incluse ou en option), le périmètre des biens couverts, les plafonds d’indemnisation, et le montant de la franchise applicable.

Locataire ou propriétaire : qui est couvert par quelle assurance ?

Le locataire face au vandalisme

Le locataire a l’obligation légale de souscrire une assurance habitation pour son logement. Son contrat MRH couvre ses biens mobiliers personnels ainsi que les dégradations survenues à l’intérieur du logement. En revanche, la structure du bâtiment (façade, murs porteurs, toiture) ne relève pas de sa responsabilité : c’est le propriétaire qui doit en assurer la couverture.

Le propriétaire face au vandalisme

Le propriétaire doit assurer le bâtiment lui-même. En cas de vandalisme sur la structure ou les parties privatives de son bien, c’est son assurance qui intervient. Dans le cas d’une copropriété, les parties communes (hall d’entrée, boîtes aux lettres, interphone) sont couvertes par l’assurance de l’immeuble souscrite par le syndic, et non par le contrat individuel du propriétaire ou du locataire.

Tableau locataire / propriétaire

Élément dégradéLocatairePropriétaire
Mobilier personnelMRH locataireNon concerné
Portes et fenêtres intérieuresMRH locataireNon concerné
Structure du bâtiment, façadeNon couvertAssurance propriétaire
Parties communes (copropriété)Non couvertAssurance immeuble (syndic)

Vandalisme sans effraction : êtes-vous quand même indemnisé ?

C’est l’une des questions les plus fréquentes, et la réponse dépend directement des clauses de votre contrat. Certains assureurs exigent une trace d’effraction pour déclencher la garantie vol et vandalisme. Sans effraction constatée, la prise en charge peut être refusée, même si les dommages sont réels et visibles.

D’autres contrats sont plus souples et couvrent les dégradations même en l’absence d’intrusion : des tags sur une façade ou des vitres brisées sans tentative d’entrée peuvent alors être pris en charge. Il est donc essentiel de lire attentivement les conditions générales de votre contrat et de contacter votre assureur pour clarifier ce point avant toute déclaration de sinistre.

Que faire après un acte de vandalisme ? Les 5 étapes à suivre

Étape 1 : sécurisez votre logement

Ne touchez pas aux éléments dégradés avant d’avoir documenté les dommages. Si nécessaire, faites appel à un serrurier ou un vitrier d’urgence. Conservez toutes les factures d’intervention : elles seront utiles pour votre dossier de sinistre.

Étape 2 : rassemblez les preuves

Photographiez l’ensemble des dommages avant tout nettoyage ou réparation. Notez la date, l’heure et les circonstances de la découverte. Chez VYV Conseil, l’espace numérique permet de stocker en amont les photos et factures de vos biens : une bonne pratique préventive qui facilite considérablement la constitution d’un dossier en cas de sinistre.

Étape 3 : déposez plainte

Rendez-vous au commissariat ou à la gendarmerie dans les plus brefs délais. Le récépissé de dépôt de plainte est une pièce indispensable pour déclencher la procédure d’indemnisation auprès de votre assureur.

Étape 4 : déclarez le sinistre à votre assureur

Contactez VYV Conseil dans les 5 jours ouvrés suivant la découverte des dégâts, conformément au délai légal prévu par les contrats d’assurance. Vous pouvez effectuer votre déclaration par lettre recommandée avec accusé de réception ou directement via votre espace assuré en ligne.

Étape 5 : Transmettez votre dossier complet

Joignez à votre déclaration le récépissé de plainte, les photos des dommages, les devis de réparation et les factures des biens endommagés. Pour les sinistres importants, un expert mandaté par l’assureur peut être dépêché sur place afin d’évaluer les dommages.

Indemnisation : à combien pouvez-vous prétendre ?

Les éléments qui déterminent le montant remboursé

Plusieurs facteurs influencent directement le montant que vous percevrez après un sinistre vandalisme.

La franchise est la somme qui reste à votre charge, quelle que soit l’ampleur des dommages. Chez VYV Conseil, elle s’élève à 100 euros pour l’offre Étudiant et à 150 euros pour l’offre Standard (sous réserve des conditions du contrat).

Les plafonds de garantie fixent le montant maximum remboursable pour le mobilier. Chez VYV Conseil, ces plafonds varient selon la superficie du logement et la formule choisie : de 3 900 euros pour un studio en offre Étudiant jusqu’à 20 000 euros pour un logement de 4 pièces en offre Standard (sous réserve des conditions du contrat).

La vétusté correspond à la dépréciation appliquée aux biens anciens. Sauf si votre contrat prévoit une indemnisation en valeur à neuf, le remboursement tient compte de l’usure du bien au moment du sinistre.

La valeur à neuf versus la valeur vénale : la valeur à neuf permet d’être remboursé sur la base du coût de remplacement du bien, sans déduction de vétusté. La valeur vénale, en revanche, correspond à la valeur du bien au moment du sinistre, après dépréciation. Cette distinction peut avoir un impact significatif sur le montant réellement perçu.

Quels délais pour être remboursé ?

Le traitement d’un sinistre vandalisme prend généralement de quelques semaines à quelques mois, selon la complexité du dossier et la nécessité ou non d’une expertise sur place. Un dossier complet et bien documenté dès le départ permet d’accélérer significativement le processus.

FAQ : vos questions sur l’assurance habitation et le vandalisme

Les dépendances comme une cave, un garage ou un abri de jardin sont parfois couvertes, parfois exclues ou soumises à des plafonds spécifiques. Consultez les conditions générales de votre contrat pour connaître précisément le périmètre des locaux assurés.

Si l’auteur est identifié et solvable, votre assureur peut exercer un recours contre lui pour récupérer les sommes versées. Votre garantie protection juridique peut également vous accompagner dans une démarche d’indemnisation directe.

Non. Les dommages causés à un véhicule relèvent de l’assurance auto (garantie dommages ou tous risques), et non de l’assurance habitation, même si le véhicule est stationné à votre domicile.